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La gestion de Bankroll

[07/03/2008]

LA GESTION DE BANKROLL

Un des objectifs majeurs a été atteint : ne jamais se mettre « broke », soit en situation de bankroll insuffisante pour continuer à jouer.

Rappelons (c’est expliqué dans l’article stratégie) que Challenger a appliqué exceptionnellement la règle du dixième (risquer à chaque Sit&Go au maximum 10% de la bankroll), en raison du temps limité qui a été fixé, au lieu de la règle du vingtième (risquer à chaque Sit&Go au maximum 5% de la bankroll) que nous conseillons.

Même comme cela, la règle de gestion de bankroll a montré toute son efficacité, même en version « risquée » à 1/10ème. Ce risque aurait été encore bien moindre avec la règle du 1/20ème.

Point essentiel, que nous recommandons à tous : le réajustement a été permanent : lors de chaque inscription à un nouveau Sit&Go, le buy-in était dicté par la règle de gestion de bankroll, et elle seule !

La règle de gestion de bankroll a été appliquée :

  • 20 fois dans le sens montant,
  • 17 fois en redescente de buy-in.

Bien entendu, ce chiffre aurait été bien moindre avec le1/20ème, mais il montre toute l’importance de cette règle pour éviter de prendre des décisions hasardeuses et bien souvent coûteuses.

La progression de la bankroll par tournoi montre bien les effets de la variance, inévitable au fur et à mesure, et le décrochage final alors que le plan de marche semblait parfaitement suivi.

L’échelle logarithmique est celle qui représente le mieux la progression du challenge au fil des tournois. C’est un ajustement mathématique et graphique qui simplifie les représentations de type exponentiel en « écrasant » les différences au fur et à mesure qu’elles progressent. Cet ajustement remplace la courbe du plan de marche « idéal » par une droite.

Cette représentation a en outre l’avantage de mettre plus l’accent sur l’évolution à tous les stades, plutôt que sur une vision qui privilégierait les Sit&Go à buy-in plus élevé au détriment des Sit&Go de départ, dont le poids financier est forcément plus faible. Ici, chaque tournoi a la même importance, ce qui reflète l’esprit et la logique du challenge, où l’objectif n’était pas financier en soi.

Par exemple, l’écart entre $400 et $1.000 est le même qu’entre $1 et $2,5. L’effort à fournir, ou le nombre de tournois à jouer pour y parvenir est le même à ROI égal, puisqu’il faut à chaque fois multiplier par 2,5 !

L’évolution quotidienne suit la même logique.

Il faut noter que, dans cette logique de croissance, les $410 atteints représentaient 80% de l’objectif. Il ne restait plus en effet qu’à multiplier par 2,5 , ce qui avait déjà été réalisé plusieurs fois au cours du challenge comme expliqué ci-dessus.

Le tableau des Sit&Go joués par niveau montre pourquoi la courbe s’est infléchie si brutalement : les résultats négatifs l’ont été aux buy-in les plus élevés. Cela a pour conséquence une forte chute du R.O.I. « financier », à savoir le solde des buy-in vis-à-vis du solde des gains, à 4,5%.

La limite de temps fixée n’a pas permis à Challenger de revenir jouer à ce niveau afin d’y retrouver son R.O.I., d’où le gain en dollars réduit à l’échéance butoir.

Voici le tableau de synthèse des Sit&Go joués lors du challenge :

Sit&Go buy-in Nbre Mises Gains in the money (itm) 1er Solde R.O.I.
Nbre % Nbre %
Aracar $0,50 4 2,20 5,00 2 50,0% 2 50,0% 2,80 127,3%
Putana $1 78 85,80 114,00 37 47,4% 8 10,3% 28,20 32,9%
Maipo $2,50 43 118,25 132,50 18 41,9% 2 4,7% 14,25 12,1%
Usluga 5$ 60 330,00 420,00 26 43,3% 8 13,3% 90,00 27,3%
Purace $10 75 825,00 870,00 28 37,3% 8 10,7% 45,00 5,5%
Galeras $20 40 880,00 800,00 13 32,5% 3 7,5% -80,00 -9,1%
Ubinas $50 0                
Sangay $100 0                
TOTAL   300 2.241,25 2.341,50 124 41,3% 31 10,3% 100,25 4,5%

Ce tableau indique le nombre de tournois joués à chaque buy-in. Les chiffres assez proches, autour de 50 par niveau, montrent que les difficultés rencontrées, pour être différentes, n’en existent pas moins à chaque étape.

Cela est corroboré par le fait que les pourcentages de Sit&Go payés (ITM) sont pratiquement les mêmes à chaque niveau (vu la taille réduite de l’échantillon). Le chiffre plus bas en Galeras explique à la fois le gain financier réduit, et montre que la contrainte de temps a été determinante au final.

On y voit pour chaque niveau :

  • le nombre de tournois joués
  • les mises totales
  • les gains bruts
  • le solde gain – mise
  • le nombre et pourcentage de places payées (cumul de 1ère à 3ème place)
  • le nombre et pourcentage de premières places
  • ces données pour la globalité du challenge

Enfin, dernier indicateur plus technique mais essentiel en Sit&Go, il est intéressant de le compléter par la répartition précise des classements obtenus lors de ces 300 tournois :

Place Nbre Fréquence
1er 31 10,3%
2 47 15,7%
3 45 15,0%
4 50 16,7%
5 37 12,3%
6 33 11,0%
7 32 10,7%
8 16 5,3%
9 6 2,0%
10 3 1,0%

 

Sit&Go's 300
ROI global 18,7%

Quelques enseignements majeurs :

Un certain manque relatif en premières places (10,3 % seulement) explique en partie que la progression n’ait pas été plus rapide.

En revanche, le jeu solide qui permet d’éviter les dernières places prises par les plus impatients, donne un pourcentage de 41,3 % de résultats payés (in the money).

Ce chiffre de 40% est un objectif essentiel à viser pour un joueur de Sit&Go, il garantit un gain conséquent sur le long terme.

Si toutes les parties avaient été jouées au même buy-in (ce qui est l’esprit du challenge), cela aboutirait à un R.O.I. « technique » de 18,7 %. C’est comme par hasard le résultat habituel sur le long terme d’un « pro » du Sit&Go…

Et cela montre qu’en Sit&Go, il est fondamental de chercher à atteindre le podium.

L’aspect « plongeant » de l’histogramme vers les dernières places est également signe d’une solidité du jeu, et d’aspects stratégiques et tactiques essentiels en Sit&Go. Mais ni le challenge ni cet article n’ont pour but de creuser ces considérations, désolé… C’est le rôle des Holdem Master Class !

La gestion de bankroll, et la mise à jour systématique de ce type de tableaux, assez simples, est utile à 2 titres :

  • éviter les décisions coûteuses pour tenter de « se refaire » trop rapidement
  • suivi de ses performances selon les critères essentiels

Cela donne aussi les éléments pour prendre une autre décision fondamentale au poker : s’avoir s’arrêter, faire une pause en cas de downsizing !

Maintenant, question cruciale :

Si c’était à refaire, qu’est-ce que je changerais en matière de gestion de bankroll (et rien ne dit que ça n’arrivera pas !) :

  • strictement rien au niveau de la règle elle-même, qui a encore une fois fait la preuve de son efficacité
  • bien entendu, il vaudrait bien mieux appliquer la règle du 1/20ème
  • probablement éviter de se fixer une date butoir impérative : nous l’avons choisi et testé, aucun regret. Mais c’est probablement trop contraire à la logique même du poker, où les performances et les gains se mesurent toujours sur le long terme.

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